DCX et SRC

 

Introduction:

 

Entre la possibilité de fabriquer son propre filtre en DIY et d'acheter un filtre actif dans le commerce, la question ne se pose même pas car le rapport qualité/prix du DCX est littéralement imbattable. Avec ses fonctions étendues, son interface simple et ses grandes qualités audio il est certainement aujourd'hui l'incontournable des audiophiles.

Nombreux vont dénigrer les qualités audio du DCX mais n'exagérons rien. Ses qualités sont au-dessus de la moyenne pour une utilisation domestique audiophile surtout après quelques modifications. Les comparaisons sont toujours faciles à faire sur le papier mais dans la pratique il en est tout autre chose.

Un autre incontournable est très certainement le SRC24/96. Celui-ci sert de sélecteur de source et permet également de recevoir n'importe quelle source numérique ou analogique et de la replacer dans le format du DCX en AES/EBU 24 bits et 96KHz. Il est équipé de convertisseur digital/analogique mais aussi d'un SRC "Sample Rate Converter". Ses qualités en analogique sont discutable mais certainement pas en tout numérique.

 

 

Pour ma part c'est vraiment un couple inséparable. A tel point que je les ai reliés physiquement. Les oreilles à l’équerre permettant de les fixer dans un rack 19 pouces ont été démontées. Des pieds d’un de mes anciens lecteur CD ont été récupérés afin de les appliquer au nouveau couple.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas le DCX je vous propose de consulter les documentations ci-dessous. Vous disposez du manuel d’utilisation, des schémas ainsi que les datasheet des principaux composants.

 

Concernant le SRC2496, on retrouve le même circuit de conversion numérique que celui utilisé dans le DCX (CS8420). Pour le DAC et l'ADC même histoire toujours et encore les AKM 4393 et 5393. Ici pas de DSP mais uniquement un microcontrôleur PIC 16F873 de chez MICROCHIP.

 

Entrée analogique:

 

Le convertisseur analogique/numérique du DCX est un AK5393. Bien que ce convertisseur soit de qualité très acceptable, cela dit ce n’est qu’un convertisseur avec tous ses inconvénients.

Il est important de noter que les niveaux d’entrée analogique du DCX sont de l’ordre de 9.75V. De plus l’étage d’entrée n’est une référence en termes de bruit. L’utilisation du DCX en analogique n’est pas consillé.

 

Cas N°1 :

 

Si vous devez régler le volume en aval du DCX par un contrôle de volume externe je ne peux que vous conseiller d’utiliser l’entrée numérique du DCX. Cela vous permettra de d’éliminer une conversion avec tous ses défauts dans la chaine de traitement du signal. Voir le chapitre contrôle de volume V1.

 

Cas N°2 :

 

Si vous ne disposez pas de contrôle de volume en aval du DCX alors cela signifie que vous devez ajuster ce volume en amont du DCX et donc utiliser l’entrée analogique. Le signal entrant en provenance d’un lecteur CD ou pré-ampli est variable en fonction du niveau ajusté.

 

L’utilisation du DCX dans ce cas ne sera pas optimale car généralement les niveaux analogiques grand public sont de l’ordre de 500 à 775mv à pleine échelle alors que l’entrée du DCX est d’environs 10V. (22dBu = 9.75V). Ainsi l’ADC devra convertir le signal sur 8% de sa plage à pleine échelle et sur moins de 1% à faible volume. C’est du suicide ! Le niveau de bruit sera très élevé entraînant une perte de dynamique importante.

 

Mais si vous n’avez pas le choix alors je vous conseille les modifications suivantes :

 

  • Simplification de l’étage d’entrée par la suppression ou le remplacement des condensateurs. Cela ne vous apportera pas grand-chose. Audible seulement à plein niveau et avec beaucoup d’attention.
  • Adapter les niveaux par un ampli actif ou par transformateur est une option attrayante sur le papier mais en réalité peu efficace car elle amplifiera également le bruit.
  • Éliminer ou remplacer l’atténuateur d’entrée afin d’attaque le convertisseur AK5393 avec le niveau de sa tension native soit 2.45V. C’est la seule solution. Personnellement je n’ai jamais essayé.

Les sorties du DCX:

 

Le niveau de sortie du DCX est de +22dBu soit 9.75V c’est environs 12 à 20 fois plus élevé que la sensibilité des amplis grand public. Si vous utilisez l’entrée analogique du DCX en faisant varier son niveau en amont vous serez obligé de travailler sur une plage d’entrée extrêmement faible. Voir Cas N°2 de l’entrée analogique.

 

Dans ce cas il est préférable d’atténuer les sorties afin de relever et niveau à l’entrer et travailler dans une plage plus large.

 

Pont diviseur avec deux résistances. C’est simple et pas cher mais cela peut altérer l’adaptation d’impédance entre le DCX et vos amplis.

Personnellement j’avais à l’époque choisit R1=10KΩ et R2=1KΩ ce qui permet de ne pas trop perturber l'impédance d'entrée et diminuer d'environ 10 fois le niveau. Le fait de dé-symétriser atténue le signal de 3dB.

 

Transformateur adaptation d’impédance avec rapport de division. C’est de loin la meilleure des solutions mais également la plus onéreuse. Cela vous permet de dé-symétriser le signal proprement, d’atténuer le signal en sortie si vous utilisez un rapport de division. L’isolation galvanique évitera également les ronflements liés au bouclage de masse.

Une solution que je n’ai jamais expérimentée car l’introduction d’un contrôle de volume active résout tous ces problèmes et apporte bien plus en termes de flexibilité et qualité.

 

Modification des étages de sortie:

 

J’avais à l’époque utilisé les informations du site de Thierry Martin www.dcx2496.fr qui est fermé actuellement mais vous pouvez retrouver ces modifications sur www.moonaudio.fr/DCX2496.html.

 

Concernant les condensateurs séries ce sont des 6.8MicroF type MKP de chez MONACOR. Pour le condensateur en dérivation c’est un "STYROFLEX" (polystyrène métallisé). Celui-ci est moins important dans le montage mais je n'ai pas lésiné sur la qualité. La résistance est ordinaire, rien de spécial à dire.

 

Concernant l'implantation, rien de bien compliqué. Les gros condos sont soudés en ligne sur une plaque d'essais avec les autres composants. La platine est boulonnée avec entretoises plastique et protégée par un film isolant afin d'éviter tout contact malencontreux au châssis. Cette configuration est très pratique car elle permet de loger cette carte supplémentaire entre la carte arrière et la carte DSP. Les connexions sont ainsi réduites au minimum. La nappe passe tout juste entre les condos et le capot du DCX.

 

Cette modification faite et le DCX de nouveau allumé je me suis senti soulagé car une fois réalisée et sans avoir rien cassé cela peut sembler simple. Mais pour tout vous avouer je n'étais pas tranquille de couper les nappes au "cutter", de sectionner le "pins" des fiches XLR et de percer le châssis. Durant l'opération j'ai eu certains remords mais pouvant plus faire marche arrière j'ai bien du continuer.

 

Le jour des essais la différence était bien présente et les écoutes comparatives avec un autre DCX non modifié n’ont fait que confirmer qu'il n'y a pas photo. Ce qui est le plus surprenant c'est l'absence total de bruit, de ronflement ou de souffle, c'est le silence. Le gros avantage également est le niveau de sortie qui est réduit et parfaitement adapté aux entrées des amplificateurs. La bande passante se trouve élargie. Les aigus sont plus fin, la voie sonne plus réaliste.

 

C'est un succès une satisfaction total et mon seul regret est de ne pas l'avoir fait plus tôt.

 

L’alimentation :

 

Dans ma lancée je ne pouvais pas m'arrêter là. Donc je décide d'acheter le kit alimentation de SELECTRONIC. Le montage du kit n'est pas très difficile. Il est très agréable de souder les composant sur cette platine d'une qualité irréprochable. Le moins évident est finalement de dessouder les régulateurs du DCX pour venir y souder les fils venant de la nouvelle alimentation. Cette platine vient s'insérer entre l'alimentation à découpage et les régulateurs de tension de la carte DSP. Je ne comprends pas pourquoi SELECTRONIC n'a pas réaliser une alimentation complète venant en lieu et place de l'existante. Bref c'est comme ça et on fait avec.

 

Son implantation se fera directement au-dessus de la carte DSP, fixé sur le rebord de la face avant par des entretoises. Les liaisons sont réduites au maximum.

 

Cette modification comparée à celle des étages de sorties est considérable car il m'a fallu près d'une journée pour la réaliser. Le plus délicat outre le fait de tout pouvoir rentrer dans le DCX sont certainement les soudures sur la carte DSP étamée suivant les nouvelles normes sans plomb. C'est un vraie calvaire cette norme !!! On a l'impression de souder du chewing-gum.

 

Après avoir trituré encore une fois les entrailles de ce pauvre DCX c'est toujours avec angoisse que j'allume l'appareil. C'est vrai, on ne sait jamais ce qu'il va se passer. J'ai testé l'alimentation avant de la monter car si l'alimentation est mauvaise c'est peut-être tout le DCX qui s'en va en fumée.

 

Lors des premières écoutes la nouveauté la plus flagrante est la dynamique. Cela m'a rappelé lorsque je suis passé du filtrage passif à l'actif. Je ne suis pas certain que la bande passante se soit élargie. Je pensais que peut-être les aigu seraient plus fin et bien non. Après de longues écoutes prolongées il devient claire que le médium sonne différent et principalement les voies sont beaucoup plus réelles.

 

Bien que moins flagrante que la modification des étages de sortie, on peut dire cette modification en vaut vraiment la peine

 

L'horloge:

 

Après tout ce chemin je ne pouvais pas m'arrêter là. J'avais toujours prévu de monter une horloge et déjà à l'époque j'avais laissé un espace vide pour une éventuelle "XO2 TENTLABS" très chère et périlleuse à monter. La version SELECTRONIC est bon marché, dispose de sa propre alim, semble  plus performante et facile à monter.

 

L'implantation s'effectue sur le côté de l'alimentation à découpage du DCX. 2 fils à reprendre sur l'alim SELECTRONIC aux bornes de la grosse capa et 1 câble coaxial vers la carte DSP. Rien de bien insurmontable surtout après les modifications précédentes.

 

Lors des premiers essais je reste surpris et dubitatif car il semble que rien n'a changé. C’est de loin la modification la moins significative. Malgré de nombreuses comparaisons avec un autre DCX modifié à l’identique à l’exception de l’horloge nous n’avons jamais vraiment fait la différence.

Je pense que cette modification n’apporte qu’une amélioration subjective. Des mesures pourraient peut-être plus nous en dire d’avantge.

 

Le seul désavantage est le fait que le DCX démarre plus difficilement et que pour certains modèles un séquenceur d’allumage est préconisé. Sinon il suffit à chaque utilisation de l'éteindre et de le rallumer pour que tout redevienne normal.

 

Le Bilan:

 

Après toutes ces modifications le bilan financier se porte à la moitié du prix d'un DCX neuf. Mais je ne regrette rien car non seulement je me suis amusé et en plus cette version "FULL TWEAK" n'a plus rien de comparable avec la version originale.

 

Reste-t-il encore quelque chose à améliorer ? Il reste certes quelques condensateurs de découplage et pour le reste on verra...Je pense qu’il faut aussi savoir s’arrêter au bon moment et ne pas tomber dans l’absurde.

Notez l'espace vide en bas à gauche du châssis. Je l’avais réservé pour une option future. Un contrôle de volume intégré au DCX. Mais celui-ci a finalement fait partie d’un boitier externe.

 

La différence:

 

Il est toujours difficile de quantifier les différences entre une amélioration et une autre. C'est pour cela que j'ai préparé un petit graphique récapitulatif des évolutions.

 

En conclusion et d’après mon expérience je ne peux que vous conseiller d’utiliser l’entrée numérique du DCX avec un contrôle de volume en sortie. La modification des étages de sortie est essentiel, le remplacement de l’alimentation est un plus et celui de l’horloge est inutile et peut sur certains modèles apporter un bug au démarrage.

 

 

 

Le bug du démarrage:

 

Après le remplacement de l’horloge le DCX ne démarre plus du premier coup. L’écran se fige ou affiche des inscriptions en vrac. Parfois tout semble bien se passer mais les sorties ne fonctionnent pas correctement. C’est l’enfer et il faut à chaque utilisation l’éteindre et le rallumer plusieurs fois.

Cela provient du fait que l’horloge est alimentée par l’alimentation linéaire de SELECTRONIC qui met plus de temps à s’établir que l’alimentation à découpage.

 

Pour pallier à ce défaut il suffit de temporiser le démarrage de l’alimentation à découpage. Il faut que l’alimentation linéaire s’établisse avant celle à découpage. J’avais dans les cartons un petit montage à base d’un microcontrôleur me permettant d’effectuer à moindre coup ce séquencement.

 

La carte est la même que celle utilisé dans le projet de régulation ventilateur. La différence est bien entendu un programme différent avec un pilotage non pas d'un ventilateur en PWM mais d'un relais en tout ou rien.